«L’indépendance en soi ne peut jamais être négative.»

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QUÉBEC – Un illustre invité du premier ministre Philippe Couillard a livré ce vibrant plaidoyer en faveur de l’indépendance nationale, mardi, à la grande satisfaction de l’opposition péquiste.

Le président de l’Islande, Olafur Ragnar Grimsson, était reçu par le gouvernement du Québec dans le cadre d’un symposium sur le développement nordique. Au cours d’une conférence de presse, mardi matin, dans l’édifice du ministère du Conseil exécutif, les journalistes l’ont abondamment questionné sur les mérites de l’indépendance, au côté de Philippe Couillard, qui n’était manifestement pas insensible au propos.

«L’indépendance en soi ne peut jamais, jamais être négative, parce que l’indépendance n’est pas seulement une formalité et elle est déterminée par la volonté du peuple», a d’abord répondu M. Grimsson, quand on lui a demandé si l’Islande, un petit pays, aurait intérêt à renoncer à l’indépendance.

Le président islandais n’était pas certain du sens de la question avant de répondre, et M. Couillard en a profité pour lui faire remarquer que c’était une question «intéressante» et aussi «subtile», en l’invitant avec un petit rire à lire le «sous-texte» de la question.

M. Grimsson a rappelé que l’Islande est un «État très indépendant» depuis le Moyen Âge, avec le plus vieux Parlement d’Europe, et une «structure démocratique forte» fondée sur la primauté du droit. L’Islande a officiellement mis fin à son union avec le Danemark et est devenue une république en 1944.

Décider de l’avenir du pays de façon démocratique est lié à la fondation du peuple islandais, a-t-il poursuivi. Mais même l’histoire récente de l’Islande démontre que «faire confiance au peuple pour décider de son avenir galvanise une force très puissante».

Selon lui, la petitesse d’un territoire ou d’une population ne sont pas non plus des empêchements au succès économique d’un pays. L’Islande compte en effet à peine 320 000 habitants et s’est plutôt bien remise de la crise financière qui a frappé son économie et son secteur bancaire après 2008.

Le Parti québécois n’a pu faire autrement que de se réjouir du plaidoyer du président islandais. Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, espérait toutefois que le premier ministre avait bien entendu cette profession de foi, puisqu’il est même «enivrant» de jouir de l’indépendance.

«Il a rappelé à quel point il est enivrant de jouir de l’indépendance pour un pays et que ce n’était que positif, a lancé M. Bédard en point de presse mardi midi. Pour un petit pays de quelques centaines de milliers d’habitants, c’est toujours intéressant de voir quelqu’un nous rappeler les avantages de l’indépendance.»

SOURCE : Un président parle d’indépendance à Couillard